Souvenirs d’anecdotes par Bernard GAUDIAT











Je vous relate un condensé de mes tribulations en Pologne, c'est-à-dire à GRAUDENZ. Arrivé en janvier 1942, ressorti en janvier 1945 devant l’avancée des troupes Russes.

Parqués dans un camp au service d’une fromagerie, nous sommes désignés une dizaine d’hommes pour décharger deux wagons de charbon. Un dimanche matin, après plusieurs heures d’un pénible labeur, nous réintégrons le camp. Alors que nous étions affairés à nous débarrasser d’une couche de poussière de charbon collée sur le torse, comme nous avions travaillés le haut du corps dénudé du fait d’un chaud soleil.

Le wachmann entre en trombe dans le local ou nous faisions nos ablutions et ordonna de sortir immédiatement pour une séance d’une heure de lapin mécanique. J’étais complètement nu et peu décidé à obtempérer aux ordres du gardien, étant dans un état de fatigue extrême. « plutôt crever maintenant » le gardien voyant que je n’étais pas sorti, revient dans le local, sort son pistolet qu’il arme ostensiblement et me dit « je compte jusqu’à trois, ça claque un coup et tu tombe par terre » « je lui réponds tire tout de suite ne perds pas ton temps je n’ai plus aucune envie de vivre, tu me rendras service ». Il remit son arme dans l’étui et me dit « ne fais pas l’imbécile et sors avec tes camarades ». Du coup nous n’avons pas fait l’heure de lapin mécanique, mais je n’oublierai jamais le contact froid du pistolet sur mon ventre.

Seconde anecdotes de Bernard,

Il était formellement interdit de fumer dans les cellules. Mais comme les Français ont l’esprit inventif. L’un d’entre nous avait trouvé une solution au manque de tabac. Chaque matin nous buvions un bouillon de sapin, en guise de café, c'est-à-dire des branches de sapin bouillies dans de l’eau. Nous allions chercher ce breuvage, sans hâte, afin d’être dans les derniers servis. Nous récoltions le fond du bouteillon ou se trouvait un bon gros dépôt d’aiguilles de sapin que nous faisions sécher sur le bord de la fenêtre de la cellule. Puis nous roulions ces aiguilles dans du papier, le premier qui nous tombait sous la main. Cela faisait de la fumée, dire que c’était bon, est une autre histoire.

Il était formellement interdit de fumer dans les cellules. Mais comme les Français ont l’esprit inventif. L’un d’entre nous avait trouvé une solution au manque de tabac. Chaque matin nous buvions un bouillon de sapin, en guise de café, c'est-à-dire des branches de sapin bouillies dans de l’eau. Nous allions chercher ce breuvage, sans hâte, afin d’être dans les derniers servis.

Nous récoltions le fond du bouteillon ou se trouvait un bon gros dépôt d’aiguilles de sapin que nous faisions sécher sur le bord de la fenêtre de la cellule. Puis nous roulions ces aiguilles dans du papier, le premier qui nous tombait sous la main. Cela faisait de la fumée, dire que c’était bon, est une autre histoire.

Donc un jour que, un ou deux d’entre nous étaient très occupés à bombarder, la porte de la 112 s’ouvrit, laissant passage à Nikolaus le fourrier qui s’était approché sans faire de bruit. « qui à fumé ici » personne ne semblant décidé à se dénoncer, un brave garçon, qui n’avait jamais fumé de toute son existence, s’avança et se déclara coupable. Nikolaus le fit venir dans son bureau, lui fit rouler trois cigarettes de tabac gris et lui ordonna de les fumer devant lui. Le fourrier savait pertinemment que ce garçon ne fumait pas. Celui ci revint à la cellule malade comme une bête.

Quelques jours plus tard même tableau. « qui a fumé ? » un gars qui lui était fumeur se rappelant l’aventure de celui qui s’était dénoncé sans être coupable, s’avança et dit, « moi », alors le pauvre reçut un coup de poing dans la figure qui l’envoya rouler au fond de la cellule.

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